RECHERCHE

La Chaire UNESCO Innovation Transmission et Edition Numériques a pour ambition de mettre en place des projets de recherches interdisciplinaires, d’aborder de manière spécialisée et dans sa globalité les phénomènes structurants liés à la généralisation du numérique . Elle est spécialisée sur les questions de e médiations pédagogiques, scientifiques, culturelles et territoriales.

FORMATION

Le programme Idéfi CréaTIC utilise des méthodes de pédagogie socioconstructiviste, par projet, en atelier-laboratoire, qui correspondent aux mutations des pratiques d’apprentissage des digital natives, répondent aux mutations des secteurs d’activités et anticipent les formations aux métiers en favorisant l’interdisciplinarité et la pratique de veille internationale.

PUBLICATIONS

La collection hybride "100 notions " éditée par les éditions de l'immatériel propose aux professionnels académiques ou des secteurs d'activité concernés de co construire à partir d'une base conceptuelle sur les secteurs émergents "100 notions sur le crossmédia et le transmédia" " 100 sur l'Art et le numérique" sont les 2 premiers titres de la collection.

La civilisation numérique

La civilisation numérique

Par Jean-Paul Lafrance, Professeur, UQAM

 

« Ordinateurs, téléphones et smartphones en main, des citoyens testent, imaginent, contournent les lois, sans vouloir être forcément dans l’illégalité, pour communiquer, acheter, s’exprimer, apprendre différemment. « Il ne s’agit pas d’une révolution numérique mais d’une civilisation numérique », estime Irina Bokova, directrice de l’Unesco[1].

Pour Doueihi, “la culture numérique est faite de modes de communication et d’échange d’informations qui déplacent, redéfinissent et remodèlent le savoir dans des formes et des formats nouveaux et donnent des méthodes pour l’acquérir et la transmettre[2]”.

On appelle révolution numérique le bouleversement en profondeur des sociétés survenu dans les nations industrialisées et provoqué par l’essor des techniques numériques, principalement l’informatique et Internet. Cette mutation se traduit par une mise en réseau planétaire des individus, de nouvelles formes de communication (courriels, réseaux sociaux) et une décentralisation dans la circulation des idées.

Il est difficile de ne pas analyser les changements survenus à la fin du 20è siècle sans nous référer essentiellement aux outils nouveaux mis en place (ordinateurs, Internet, téléphones intelligents), au risque de nous intéresser uniquement à la mise en place d’instruments technologiques, au surplus matériels, alors qu’il faudrait plutôt se préoccuper de ce qui est en train de changer dans notre vie de tous les jours, dans nos habitudes de vie et dans nos valeurs, dans notre manière d’être dans le temps et l’espace, dans notre façon de travailler et de vivre ensemble, dans nos institutions et notre démocratie, dans notre façon d’échanger avec l’autre, etc.

Premier point : une nouvelle façon de lire, d’écrire et de penser

L’imprimable a connu une évolution importante à travers le temps, passant de l’âge du livre à l’âge de la presse, de la paperasse aux fichiers où le numérique a créé des bouleversements majeurs dans la production et l’échange de documents[3]. Pour les moteurs de recherche comme Google, tout est document : le livre, le texte, le son, l’image, le film, la personne qui sont traités comme tels sans distinction. Les fondateurs de Google avaient comme ambition de redocumenter le monde[4], prenant comme acquis que toute activité (humaine ou non humaine), médiée informatiquement dans le cadre de transactions communicationnelles, laissent des traces qui peuvent être repérées dans un moteur de recherche et insérées dans un fichier numérique.

atelier-laboratoire

 

Un dispositif de formation en recherche/expérimentation, l’atelier-laboratoire :

Le dispositif de formation du programme Idéfi CréaTIC est centré sur la notion d’atelier-laboratoire, notion qui s’est imposée, parce qu’elle formalisait des pratiques déjà à l’œuvre dans plusieurs formations innovantes. Il ne s’agit pas de la création ex nihilo d’une nouvelle méthode de transmission, mais du rapprochement d’équipes d’enseignants et de professionnels associés (MAST, PAST, conférenciers, artistes et experts)  ayant dans leur cursus spécialisé, des expériences innovantes, intégrant des pratiques de pédagogie par projet. Le rôle de l’enseignant est alors d’apporter de nouveaux outils conceptuels et méthodologiques pour aider la réalisation de ces projets. L’apport des professeurs, maitres de conférences associés et des professionnels intervenants est d’accompagner la réalisation technique et artistique, ainsi que de favoriser la compréhension et la mise en œuvre des mécanismes de création et de production. Une dimension interdisciplinaire est aussi consubstantielle de cette approche. Dans ces logiques collaboratives, on constate l’accroissement de l’autonomie de chacun des étudiants, le développement de compétences nouvelles, une meilleure appréciation de ses connaissances et savoir-faire au contact de ses pairs. Confronté au processus de création collective qu’il s’agisse de créer des prototypes innovants,  des œuvres, ou de la connaissance, l’étudiant réalise une activité en vraie grandeur qui lui donnera les moyens de se préparer à l’exercice de son activité, en entreprise ou en laboratoire.  Ces modalités pédagogiques transforment  profondément  l’approche de la production et des métiers chez les étudiants et les amènent à chercher plus précisément leur place dans l’activité productive. On constate un intérêt croissant pour la veille des secteurs d’activité dans lesquels ils vont trouver leur stage, une meilleure appréhension du milieu professionnel et de la place qui pourra être la leur. Ces travaux constituent non seulement un exercice qui permet à l’équipe pédagogique de vérifier que les différents enseignements théoriques et  pratiques ont été intégrés mais ils sont les objets transitionnels entre l’université et l’entreprise, de véritables passeports d’insertion professionnelle. Les responsables des entreprises y trouvent un vivier créatif qui est d’autant plus nécessaire que les fonds consacrés à la Recherche  et Développement se réduisent.

La plateforme numérique accessible au : www.idefi-creatic.net rend compte de la montée en puissance  des réalisations étudiantes. Cette plateforme a pour vocation d’être à la fois un Espace Numérique de Travail, une vitrine des créations étudiantes, un carrefour d’échanges entreprises/étudiants/universités étrangères partenaires. D’abord informationnelle et  pédagogique, elle s’est  articulée en 2014 aux réseaux sociaux, particulièrement Facebook, Twitter et Youtube et c’est en 2015 une véritable plateforme multilingue (français, anglais, espagnol, chinois) qui fonctionne aussi comme un outil de valorisation et d’harmonisation des pratiques pédagogiques et d’accompagnement étudiant. Ce travail spécifique contribue à dynamiser les logiques numériques de l’écosystème universitaire et ont un effet d’entrainement et de structuration de l’offre numérique institutionnelle.

Des outils numériques partagés avec le secteur entrepreneurial ont été développés en 2014, notamment un tutoriel pour la création de livres numériques au format epub. Cette réalisation est emblématique  de la volonté d’Idefi CréaTIC de s’assigner un nouveau champ d’intervention en apportant son savoir-faire à des dynamiques concrètes de transformation de secteur d’activités, en proposant dans ce cas-là, l’exploitation maximale des fonctionnalités créatives des logiciels et en les mettant à disposition des étudiants et des professionnels du secteur de l’édition.

Des nouvelles technologies de réalité virtuelle et augmentée ont été testées, des logiciels en béta test ont été expérimentés par nos étudiants, des productions créatives ont été réalisées et évaluées avec les professionnels à l’occasion d’hackathons organisés en partenariat avec les incubateurs Paris & Co, le Labo de l’édition et différentes entreprises technologiques et éditeurs.

Le programme Idefi CréaTIC est devenu pour de nombreux acteurs du numérique (Cap Digital, incubateurs Paris & Co, la Fonderie, centre de prospective de Plaine Commune, Musées de la ville de Paris, Pôle Média, etc.) un acteur reconnu et sollicité pour participer à des dynamiques innovantes. Idefi CréaTIC est associé à l’implantation du Cargo : la plateforme d’innovation médias localisée aux entrepôts Mac Donald qui sera inaugurée en 2016 (près de la Villette) avec notamment Universcience, Pôle Média, l’IRI, le 104, Capital Games. Idefi CréaTIC sera aussi impliqué dans les dynamiques mises en place par le pôle de compétitivité Cap Digital sur le livre numérique et la définition des normes et standards européens avec l’implantation de l’unité de recherche de Readium en France.

L’émotion est-elle compatible avec le numérique ?

Ghislaine Azémard Colloque e-éducation ESENESR

L’émotion est-elle compatible avec le numérique ? En posant cette question, ce sont les limites de la médiation numérique que l’on interroge. S’il est aujourd’hui admis que certaines formes d’intelligence sont programmables et rendent les machines productives de manière quasi-autonome, l’émotion reste l’attribut humain le plus difficile à modéliser, à virtualiser et à synthétiser. Même si la notion d’émotion artificielle cherche encore ses ancrages théoriques et expérimentaux, on peut considérer que l’environnement technologique a un impact important sur les comportements, les humeurs, les sensations et émotions des individus. La médiation homme-machine concurrence fortement la médiation humaine traditionnelle dans les rapports amicaux, ludiques, pédagogiques ou encore dans les pratiques artistiques ou les activités professionnelles. L’espace de vie, d’apprentissage, d’action et de relation devient, et cela encore bien davantage pour les « digital natives », un espace hybride qui se nourrit à la fois d’un certain décollement de la réalité et paradoxalement aussi d’une réinscription territoriale inédite par la géolocalisation des données personnelles. C’est un espace hybride où les informations apportées par la réalité sont augmentées par celles provenant de l’immersion dans un univers immatériel, proposées par les ressources informationnelles massives disponibles sur internet. Par ailleurs, la dominance des interactions exclusivement et directement humaines est remplacée par un va et vient entre les interactions humaines et celles assistées par ordinateurs, ou par des machines et objets communicants.

Méthodes actives 2.0

La génération Y s’est emparée massivement des nouvelles technologies numériques et multiplie sa consommation multi-écrans : ordinateur, téléphone portable, tablette, télévision, etc. Cette génération, qui est née dans un contexte fortement technologisé, augmente sans discontinuer ses pratiques numériques et entretient un rapport privilégié avec les nouveaux médias et les nouveaux modes d’information et de communication. Capables de gérer des activités multiples simultanément sur plusieurs écrans, l’attention de ces jeunes est profondément différente de celle des générations précédentes. Cette nouvelle compétence se généralise, puisque plus des 2/3 d’une tranche d’âge consomment au moins 2 médias simultanément et 1/3 au moins 3 médias simultanément.

epub exploitation de la notion epublicité par les étudiants

Autour de la notion epublicité de l’ouvrage hybride  » 100 notions pour le crossmédias et le transmédias des étudiants du master  » Création et Edition Numériques » de l’Université Paris 8 ont développé une vidéo

.Conçu, imaginé et réalisé par les étudiants du « Master Création et Édition Numériques « : Julien Capone, Mehdi Boujeema, Nicolas Gommez, Valérian Piozin.