Les doctorants de la Chaire UNESCO « Innovation, Transmission, Edition Numériques »:

 

 Renan Mouren : «La médiation territoriale : connaître, savoir, expliquer et comprendre son environnement, débattre et échanger socialement, co-construire nos modèles de développement, ici et là-bas, à l’âge du numérique. Une recherche création dans l’écosystème Université, Territoire, Entreprises en Seine-Saint-Denis ».

Résumé : L’informatisation et la numérisation des opérations de collecte, de production, d’échange, d’analyse, de comparaison de données et d’informations territoriales sur de longues durées, a profondément transformé la capacité des groupes humains à connaître, comprendre leurs espaces de vie, inscrire, représenter et partager les profondes et complexes relations d’interdépendance qu’ils nouent avec leur milieu de vie, mais aussi à agir sur lui.

L’entretien de ces rapports et de ces relations dans l’espace comme dans le temps, nécessitent des médiations, procédés de communication et de transmission, qui rendent accessibles et intelligibles des informations environnementales par différents processus de codage-décodage afin de garantir la survie et le bien être des collectifs humains et non humains. Nos cinq sens, sont des médiateurs naturels de notre environnement, mais aussi nos langues, nos styles techniques, nos normes et nos règles, nos institutions.

Si une numérisation généralisée de ces dimensions de la médiation territoriale, semble aujourd’hui contribuer efficacement à améliorer localement des modèles singuliers de développement socio-économiques, en parvenant à tenir simultanément bien-être humain et soutenabilité environnementale, ils permettent aussi d’accélérer la diffusion de pratiques, savoirs instituants et leurs adaptations en pratiques, savoirs institués en combinant des dynamiques à la fois réticulaires horizontales et d’emboitement verticales. Dans le premier cas il peut s’agir d’échanges décentralisés entre territoires discontigus et connectés : réseau de quartiers, de villes, de régions, ou d’états. Dans le second cas il peut s’agir d’un emboitement multiscallaire de territoires au sein duquel la dynamique est alors double : verticale descendante, entre une échelle territoriale supérieure et ses échelles inférieures, par exemple de l’Europe vers ses régions, l’ONU vers les états, mais aussi verticale ascendante entre des échelles inférieures et leur échelle supérieure : de chaque foyer vers leur commune, ou des communes vers leur Etat.

Au delà de ces fonctions synchroniques de transmission intra-générationnelle, des médiations assument également des fonctions diachroniques inter-génératioinnelles de transmission, mais aussi d’anticipation et de propsective. L’ensemble de ces fonctions permettent notamment de resserrer socialement sur un territoire des « continuums pluri-acteurs » notamment en ce qui nous concerne dans cette étude entre universités, collectivités territoriales et filières professionnelles de manière à accélérer les transferts et déployer des champs d’intelligibilité territoriaux.

Ces dynamiques de transmission d’informations et de communication, mobilisent des outils, empruntent des architectures de réseaux multiples, différenciées, souvent administrées et gérées par des institutions différentes, publiques, privées, sociétés civiles, des collectifs, qui poursuivent chacune des finalités et des objectifs singuliers de développement. Ils seront aptes nous en faisons l’hypothèse et sous certaines conditions, à transformer, renouveler, diversifier et affiner localement les macro-modèles de développement Top-Down et à faire émerger des modèles de développement innovants endogènes et polycentrés.

Mots-clefs : hybridation, séquentialité, délinéarisation, narration, scénarisation

 

john_mottaJohn Jader Motta Nieto : « Individu augmenté/personal branding : le rôle des NTIC dans les mutations du sujet. »

Résumé : Il est possible de distinguer plusieurs éléments au sein de l´identité. Elle peut faire référence aux aspects physiques d´un être ; mais aussi à ses comportements, envies, relations… Elle porte alors la dimension « réelle » du sujet et en même temps la dimension « idéalisée » de celui-ci. Comme le décrit Florence GIUST, « l’identité se caractérise non par une unité, mais par un croisement de relations » ce qui fait d´elle, une construction en continuelle évolution et pourtant temporaire.

L´identité apporte à l´individu d´une part, la possibilité de « s´auto-percevoir », elle permet alors de se construire une image de soi même.  D´autre part, elle permet au sujet de se « représenter » (offre une image de lui-même aux autres) ; pour enfin adopter une « désignation » de la manière dont les autres perçoivent l´individu. Elle est pourtant un outil de validation sociale grâce aux constantes interactions avec les autres construisant les repères qui lui permettront d´évoluer.
La marque comporte certaines caractéristiques qui la rapprochent de celles de l´identité : l´apparence, les valeurs, le style. Elle, cherche elle aussi à se projeter elle-même. Elle peut contrôler (de façon plus ou moins aisée) à l´aide des « signaux » son apparence. Son objectif étant toujours de caractériser le plus finement possible l´institution ou le produit qu’elle représente.

Les nouvelles technologies et notamment le web 2.0 ont permis le rapide positionnement des nouveaux outils qui donnent la possibilité aux individus de communiquer massivement et à l´échelle globale. Ils ont aussi ouvert la capacité de personnaliser à grande échelle (ciblage des publics…), ce qui semble paradoxal, mais que l´on peut constater quand on voit via les réseaux sociaux de larges groupes de gens qui se réunissent pour partager les goûts les plus atypiques.

A partir des différents croisements des relations qui construisent l´identité, il est possible d´entrevoir une dualité au sein de l´individu qui lui permettra d’inscrire des éléments conflictuels dans la constitution de son identité, et pourtant l´individu arriverait à les mettre en équilibre pour les appliquer. Pour essayer de comprendre cette capacité, nous étudierons ce phénomène dans le cadre des mutations du sujet au sein des nouvelles technologies.

Mots-clefs : Identité, personal-branding, individu augmenté, Prosumers, Cyber-sujet

 

Photo_yangyangYang Yang : « Les musées chinois au XXIème siècle : la médiation pédagogique et le rôle du numérique dans les musées d’histoire chinois. Les dispositifs contemporains de transmission »

Résumé : Dans une Chine en profonde mutation, le musée chinois doit reprendre en se modernisation la place éducative qu’il avait à l’origine.
Après la réalisation d’un recensement actualisé des musées chinois et l’étude de leur apparition aux différentes périodes historiques, une typologisation de ces musées (2300 en 2009) sera réalisée pour rendre compte de leur grande diversité.

L’analyse de l’historique de ces musées chinois doit mettre en valeur les différents facteurs économiques, politique, techniques, humains qui ont orienté leurs conceptions. Le numérique est le facteur déterminant pour la transformation du musée au XXIème sicle. Comment cette technique pourra-t-elle orienter la muséologie ? Comment la vocation pédagogique évoluera-telle avec ces nouvelles technologies ?
Trois musées chinois sont en cours de rénovation donc il me parait intéressant  de suivre leur évolution : le Musée National Chinois à Pékin rénové en 2012, le Musée de Nanjing qui s’agrandit, le Musée de Tangshan « rescapé » du tremblement de terre de 1976, en très grande transformation.

Pour suivre l’évolution des transformations de chaque musée et le succès du multimédia, il faut connaitre dès sa création les objectifs retenus du muséographe, mesurer les expérimentations et leurs valeurs pour tous les publics, et en déduire, après enquête de satisfaction, les formes de média répondant le mieux aux besoins pédagogiques.
Cette recherche basée sur l’analyse de trois musées, pourrait permettre d’élargir les résultats à une méthodologie applicable à tous les musée chinois en matière utilisation du multimédia à des fins pédagogiques.

Mots-clefs : Musée,  numérique,  pédagogique,  multimédia,  médiation

 

photo_audreyAudrey Defretin«Les mutations de la médiation culturelle et des pratiques de la visite» – Sous-titre  : Impacts et enjeux du numérique dans la co-construction, la personnalisation, l’appropriation des contenus culturels. (co-direction avec Pierre Quettier)

L’arrivée du numérique dans l’environnement muséal a entraîné d’importantes mutations dans le mode de présentation des objets, œuvres et contenus culturels et scientifiques, ainsi que dans le mode de réception. Systèmes immersifs, surfaces tactiles, capteurs, téléphones mobiles et guides de visite, objets communicants font désormais partie des nouvelles formes de médiation et d’adresse aux publics.
Ces nouveaux outils numériques sont présents à différents niveaux de l’offre culturelle, tant à l’intérieur des lieux patrimoniaux qu’à l’extérieur. Les politiques culturelles misent en œuvre et l’élargissement de l’offre de médiation tendent à faire évoluer le fonctionnement et les habitudes des institutions culturelles en prenant d’avantage en compte le public. Depuis quelques années on assiste à une ouverture des frontières du musée et à une expansion de la visite. Grâce notamment au numérique, le public peut vivre sa visite sur une temporalité et un espace plus important.
Les pratiques d’usages du numérique qui se sont construites ces dernières années induisent de grands bouleversements dans le rapport que le visiteur entretien avec le musée. La généralisation de l’usage des plateformes participatives modifie notre mode d’appropriation des informations et  engendrent de nouvelles pratiques culturelles et de nouvelles expériences de visite. La place et le rôle du visiteur évoluent. Les nouvelles modalités d’édition et de co-construction des contenus permettent aux publics de participer à l’enrichissement de la médiation.
Les nouvelles pratiques du web social sont directement liées à la question de l’identité virtuelle et de la personnalisation des services. On constate un accroissement de la présence, tant sur les sites web que sur les applications mobiles, d’espaces personnels destinés à profiler l’utilisateur. Les institutions culturelles commencent elles aussi à proposer de plus en plus de contenus personnalisables.
Notre travail consistera à montrer comment les nouvelles modalités d’échanges, de participations et de personnalisation des contenus culturels par le numérique contribuent à faire muter changer les modalités d’appropriation des contenus culturels et influeront également sur les pratiques de visite, et plus précisément  la visite en tant que parcours.

Arnaud Laborderie : « Le Livre augmenté, de la remédiatisation à l’éditorialisation »

Thèse en Sciences de l’Information et de la Communication sous la direction de Ghislaine Azémard et Milad Doueihi

Cette thèse se propose d’examiner le concept de « livre augmenté » et son instanciation dans l’objet « livre enrichi » à partir d’une posture théorique articulée à une pratique de médiateur et d’éditeur multimédia à la Bibliothèque nationale de France (BnF) exercée pendant une vingtaine d’années. Elle pose la question de la reconfiguration du livre dans l’espace numérique. Notre approche fut d’appréhender le livre comme une interface et la lecture comme une « expérience utilisateur » à modéliser. La conception de deux prototypes (l’application Candide réalisée à la BnF et le livre-web Odyssée réalisé à l’Université Paris-VIII) nous a permis d’interroger deux notions fondamentales — la remédiatisation et l’éditorialisation — afin de proposer un modèle de « livre augmenté ». Nous faisons l’hypothèse que l’augmentation est liée aux potentialités et aux perfectionnements de chaque support du livre et que l’avènement d’un nouveau support — la tablette tactile — conduit à une reconfiguration, laquelle permet une augmentation des capacités de lecture et des accès au texte. Nous défendrons la thèse d’un objet-livre numérique nécessairement clos, renouvelant l’expérience de lecture et la réception des œuvres par une nouvelle sensorialité du support permise par la tactilité, l’interactivité et la multimodalité.

 

                                 Edmond Alban : « Usages des réutilisations des pratiques et des contenus dans le média mix Otaku »